Sarkozy et Aubry : Elections des menteurs européens !
Nicolas Sarkozy prévoit de s'impliquer intensément dans la bataille des européennes qui passionne on le sait les Français qui savent que leur salut est là, cela va sans dire. De l'UMP au PS, c'est bien ce qu'on nous dit et ce qu'il faut entendre !
Le chef de l'Etat espère capitaliser sur le bilan de la présidence française de l'Union. Le président va "donner le ton et présenter le projet" de l'UMP, a déclaré Michel Barnier lors de "Dimanche soir politique" France-Inter/i-Télé/Le Monde. Il "s'adressera à tous les Français et sans doute aux Européens pour leur dire (...) : voilà la volonté politique que l'on veut remettre dans le projet européen pour faire bouger les lignes", a ajouté le ministre de l'Agriculture, qui conduit la liste UMP Ile-de-France. Regardez donc ce qu'il a fait de l'agriculture pour vous en rendre compte, du côté des bienfaits de l'Europe, si vous ne le voyez déjà !
Le 10 mai, le président français sera à Berlin aux côtés d'Angela Merkel pour un meeting commun UMP-CDU. La chancelière allemande devrait en retour être l'invitée d'un meeting en France avant le scrutin du 7 juin. Dans Le Parisien Dimanche, Xavier Bertrand assure que l'UMP est prête "pour une campagne offensive" sous le slogan "Quand l'Europe veut, l'Europe peut" ! Ils ne sont pas croyables !
Les dirigeants de l'UMP ont dénoncé à l'unisson la campagne européenne du Parti socialiste, qui a débuté vendredi à Toulouse par un meeting commun de tous les partis sociaux-démocrates de l'UE. Première visée, Martine Aubry, premier secrétaire du PS, qui a appelé les électeurs français à sanctionner "Sarkozy, Barroso et Berlusconi", le 7 juin.
Plaider comme la maire de Lille l'a fait pour une "Europe sociale" n'est qu'une "rengaine quinquennale", a estimé le ministre du Travail. Martine Aubry "cherche sa place (...) et aujourd'hui son seul rôle c'est d'être le porte-parole des sans-idées", a-t-il asséné. Pour une fois il était drôle ! Les socialistes, "qu'ont-ils donc à dire de plus et de mieux sur le projet européen ?", s'est interrogé Michel Barnier, qui appelle à un "vote sanction contre le Parti socialiste".
Changement de décor pour le lancement de la campagne des élections européennes du Parti socialiste. Le poing et la rose, emblèmes historiques du PS, ont laissé place à un slogan bilingue, en rouge sur fond blanc, proclamant "le peuple d'abord" ("people first").
L'ancienne Halle aux grains de Toulouse était pavoisée aux couleurs du Parti socialiste européen (PSE). La première secrétaire du PS a mis en avant le "programme commun" du PSE pour "changer le cours de l'Europe". Dans la série on a déjà donné, voilà des mots chargés d'histoire largement décolorés et recolorés pour la circonstance. Attention aux contrefaçons où la couleur rose à tendance à vouloir se donner des allures de rouge pour mieux donner dans le bleu européen...
La première secrétaire du PS a attaqué "l'Europe de Sarkozy-Barroso-Berlusconi". Son discours a parfois pris des accents altermondialistes. "Une autre Europe est possible", a lancé Mme Aubry, qui a pris soin de se placer d'emblée sous les auspices de Jean Jaurès, citant le dernier article du tribun socialiste réclamant, dès 1914, dans La Dépêche, "une Europe un peu moins sauvage". Pourquoi lésiner sur la propagande quand on tient la tribune direz-vous, avec les efforts mémorables et litigieux qu'elle a fait pour s'y hisser...
La campagne du Parti socialiste pour les élections européennes du 7 juin se veut un double appel à sanctionner la politique "inefficace et injuste" de Nicolas Sarkozy face à la crise et à donner "un nouveau sens" à l'Europe ! Mais c'est bien sûr ! Pour ce premier des huit meetings nationaux du PS, la Première secrétaire était entourée symboliquement de têtes de listes socialistes et sociales-démocrates dans les 27 Etats-membres de l'Union européenne. L'objectif était d'afficher l'unité du PSE, dont une partie des membres n'est pas hostile à la reconduction du libéral José Manuel Barroso à la présidence de la Commission si la droite reste majoritaire au Parlement européen, ami de Sarkozy, comme quoi les allégations de Mme Aubry ne sont que poudre aux yeux.
Mme Aubry, surfant sur la "colère" des Français a principalement fustigé le "deux poids, deux mesures" de la politique de Nicolas Sarkozy depuis deux ans. "Quand la crise est là, on aurait besoin de tendre la main aux plus fragiles au lieu de protéger ceux qui ont déjà tout", a-t-elle résumé. La dirigeante socialiste a critiqué le "libéralisme financier" soutenu selon elle par Nicolas Sarkozy et la majorité de droite en Europe. "Nicolas Sarkozy ne change pas, il ne critique pas ce système qu'il a porté aux nues", a-t-elle lancé. Mais que font les socialistes au Parlement européen et dans les commissions, et leur DSK à la tête du FMI ? Sinon continuer de soutenir le libéralisme en ayant par le passé préparé bien des réformes que Sarkozy a mis en œuvre depuis qu'il est à l'Elysée et les promouvoir au niveau européen.
Contre cette "Europe des inégalités", Mme Aubry a rappelé qu'en cas de victoire le 7 juin, un plan de relance coordonné sera lancé "dans les 100 premiers jours", précisant avoir obtenu l'accord de ses 26 partenaires sur ce point. "le 7 juin, nous pouvons changer le cours de l'Europe", a-t-elle martelé sans rire... Mme Aubry a critiqué les listes de gauche "qui se limitent à la contestation", ainsi que le président du MoDem, dont la voix "n'a pas souvent manqué à la droite européenne" lorsqu'il fallait voter des directives libérales. Mentir c'est faire de la politique, parait-il pour certains... Toujours les mêmes vieilles ficelles alors que la politique mérite tellement mieux que ça !
La question d'une alliance entre le centre et le PS a été au cœur de la bataille du deuxième tour de la présidentielle, en 2007, et du congrès du PS, à Reims cet automne. La majorité des Français est opposée à l'idée d'un gouvernement d'alliance entre le Parti socialiste et le MoDem mais les sympathisants des deux formations la plébiscitent, selon un sondage Viavoice pour Libération rendu public dimanche. Comme quoi, le peuple a sa morale, il tient bon face aux compromissions de la politique politicienne du pire cru où les alliances valent moins pour le contenu qu'elles proposent que pour les victoires qu'elles supposent !
Guylain Chevrier
Historien
Texte issu du blog de "Risposte laïque